Catel

Catel Muller, diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, débute sa carrière en publiant des albums pour enfants aux éditions Hachette, Épigones, Nathan, Dupuis et Hatier. Une sélection au festival international du livre de jeunesse de Bologne et une cinquantaine d’ouvrages illustrés jalonnent cette partie de son œuvre. Catel illustre également L’Encyclo des filles chez Plon qui s’impose comme un best-seller auprès des adolescentes depuis dix ans.

Parallèlement, Catel Muller s’adresse pour la première fois aux adultes en 2000 avec la série 
Lucie qui ouvre la voie à une certaine bande dessinée féminine aux préoccupations contemporaines.

En 2005, elle obtient le prix du public au festival d’Angoulême pour l’album Le Sang des Valentines illustré et écrit en collaboration avec Christian de Metter.

En 2007, elle reçoit le prix RTL puis en 2008 le prix du Public Essentiel à Angoulême pour le roman graphique Kiki de Montparnasse mis en image d’après le scénario de José-Louis Bocquet.

Depuis, Catel Muller poursuit ses évocations de destins de femmes avec des albums consacrés à l’historienne d’art Rose Valland, la chanteuse Edith Piaf et l’actrice Mireille Balin. Ce dernier album, intitulé Dolor et écrit par Philippe Paringaux, a été sélectionné Hors-compétition au festival d’Angoulême 2010.

Le roman graphique sur Olympe de Gouges – auteure révolutionnaire de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne – réalisé en collaboration avec José-Louis Bocquet, est paru en mars 2012 et a obtenu entre autres le prix de » l’Héroïne de Madame Figaro ».

En 2013, cette fois seule au scénario et au dessin, Catel réalise un portrait sous forme de roman graphique de Benoite Groult. Son amitié avec cette grande figure du féminisme lui a permis d’explorer 90 ans d’une vie privée et publique flamboyante, sur la base de rencontres, d’entretiens et de moments partagés durant 5 ans. Ce livre est paru chez Grasset, et a été récompensé du prix Artémisia de la bande dessinée féminine 2014.

Adieu Kharkov, réalisé à quatre mains avec Claire Bouilhac, à partir d’un récit autobiographique de Mylène Demongeot, est édité dans la collection Aire Libre chez Dupuis en 2015.

La vie de Josephine Baker sous forme de biographique , scénarisée par JL.Bocquet, est parue aux éditions Casterman en septembre 2016.

Catel illustre Le Monde de Lucrèce ( tome 1-2-3-4-5 ) qu’elle a crée avec Anne Goscinny (chez Gallimard Jeunesse). Souvent appelée dans la presse « la grande sœur du Petit Nicolas », Lucrèce est une très jeune adolescente. Elle est en 6ème et décrit le monde qui l’entoure, parle de sa vie avec ses amis, avec ses parents, son frère, ses grands-parents.

Réalisé en collaboration avec Claire Bouilhac, La Princesse de Clèves paraît en mars 2019. Le récit propose ainsi une forme de féminisme inédit, dans laquelle l’estime de soi prévaut et la raison triomphe de la passion.

Le Roman des Goscinny est paru aux éditions Grasset en août 2019. René Goscinny, le créateur d’Asterix, y est raconté pour la première fois en BD, grâce à la complicité de sa fille Anne Goscinny.

Catel Muller a été nommée Présidente de la commission Bande Dessinée du Centre National du Livre de 2018 à 2021.

Bibliographie sélective

Le roman des Goscinny (Grasset, 2019)

Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce « Roman des Goscinny » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l’écriture.
Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire, entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le « paresseux contrarié », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud.
C’est aux portes du « célèbre village gaulois » que s’arrête le premier tome du « Roman des Goscinny » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de « René » ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.

La Princesse de Clèves (Dargaud, 2019) - avec Claire Bouilhac

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, « La Princesse de Clèves » est un roman fondateur. La jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions. En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion.

Joséphine Baker (Casterman, 2016) - avec José-Louis Bocquet

Joséphine Baker a 19 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des années folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres.

Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, « la tribu arc-en-ciel ».

Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Adieu Kharkov (Dupuis, 2015) - avec Claire Bouilhac

Paris 1985. Atteinte d’un cancer, la mère de Mylène Demongeot vit ses derniers moments. Pressée par la tendre sollicitude de sa fille, elle entame le récit de son enfance à Kharkov, en Ukraine, puis de son adolescence et de sa jeunesse, de la Russie à la France, en passant par la Chine. Dotée d’une volonté de fer, elle refuse dès son plus jeune âge le sort réservé aux femmes, vouées au mariage et à l’enfantement. Bravant les convenances, elle va gravir un à un les échelons de sa liberté et de sa réussite, tandis que s’emballe l’histoire du XXe siècle.

Un récit personnel qui est aussi celui d’une lutte, sur lequel Mylène Demongeot pose un regard aimant et distancié, offrant en contrepoint le récit, par touches subtiles, de sa propre vie de femme.
Comédienne de renom, qui a tourné dans 70 films entre 1953 et 2013 aux côtés d’acteurs comme Alain Delon, Louis de Funès, Michel Piccoli, Jean Marais, Dirk Bogarde ou encore Gérard Depardieu, Mylène Demongeot nous livre le récit de la vie de deux générations de femmes au XXe siècle. Divisé en trois chapitres, « Enfance », « Amours » et « Accomplissement », « Adieu Kharkov » se pare de plusieurs ambiances graphiques : tandis que Catel dessine la vie de Mylène Demongeot, Claire Bouilhac illustre celle de sa mère.

Olympe de Gouges (Casterman, 2012-2013) - avec José-Louis Bocquet

Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges.

Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d’histoire au
chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, La Fayette, Benjamin Franklin, Philippe Égalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre…

En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l’égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes ; des propositions qui resteront révolutionnaires jusqu’au XXe siècle.

Kiki de Montparnasse (Casterman, 2007-2008) - avec José-Louis Bocquet

Dans le Montparnasse de bohème et de génie des années vingt, Kiki réussit à s’extraire de la misère pour devenir l’une des figures les plus charismatiques de l’avant-garde de l’entre-deux-guerres. Compagne de Man Ray dont elle inspirera les photos les plus mythiques, elle sera immortalisée par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger.
Mais si Kiki est la muse d’une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées du siècle passé.
Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle s’accorde, Kiki s’impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d’aucune école autre que celle de la vie…

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