Étienne Oburie

Étienne Oburie travaille comme illustrateur, auteur de bandes dessinées et graphiste. Diplômé des Beaux-Arts d’Épinal puis d’Angoulême, il travaille à l’atelier du Marquis à Angoulême. Il a participé à l’album collectif Les Années noires, paru aux éditions Le Troisième homme, ainsi que carnet d’artistes Sur le vif, paru aux éditions Zeugma. Il signe avec La Mort aux yeux de cristal son premier album de bande dessinée.

Texte © Glénat

Bibliographie sélective

Avec Xavier Bétaucourt et Romain Slocombe
Éditions Philéas, 2022

Paul-Jean Husson est un écrivain bien né, grand bourgeois, éduqué, instruit, héros de la Première Guerre mondiale (il a même perdu un bras au front), auteur de livres loués par la critique et prisés du public, assez habile pour siéger à la fois à l’Académie française et à l’Académie Goncourt. Son fils lui présente celle qui deviendra sa femme, Ilse : une jeune actrice de cinéma Allemande connue dans son pays sous le nom d’Elsie Berger. Lorsque la guerre éclate, le fils Husson part pour Londres, laissant sa femme au côté de son père. Paul-Jean Husson en tombe éperdument amoureux, mais découvre rapidement que sa belle-fille est juive. Partagé entre son antisémitisme viscéral et cet amour interdit, Husson entreprend alors une invraisemblable virée en compagnie de celle qu’il ne cesse de désirer, à travers la France de l’exode.
Pétainiste convaincu, Paul-Jean Husson se livre à travers une lettre de délation qu’il adresse à « Monsieur le Commandant » et démontre que la part la plus vile de l’âme humaine ne trouve de meilleure place où se révéler que dans le genre épistolaire.

Terrifiant ! Dès les premières lignes, nous savons de quoi il est question. Les talents combinés du trio d’auteurs tiennent en haleine le lecteur sonné qui redoute une issue dont il a pourtant deviné qu’elle était fatale. Suivez les dérives, de 1932 à 1942, plus sentimentales qu’idéologiques d’un homme qui était tout sauf un sot.

Avec Lancelot Hamelin
Éditions Glénat, 2018

Rome. Radka Sukova est l’égérie d’un très grand styliste français. Réputée pour avoir les plus beaux yeux du monde, elle nourrit les fantasmes et les convoitises. Très à l’aise avec son statut d’icône, elle déchante le jour où elle apprend que son sosie a été assassinée, énucléée, ses yeux remplacés par deux morceaux de cristal taillé. Cette « signature » ne laisse planer aucun doute : la véritable cible, c’était Radka ! L’enquête, confiée au commissaire Cornélia, la mènera sur les traces d’un meurtrier appartenant à une communauté fantastique et obéissant à une mystérieuse entité, noire comme les nuits sans rêves…

Connaissez-vous le « Giallo » ? Ce genre de films d’exploitation italiens auxquels sont associés les noms de Dario Argento ou Mario Bava, nourrit un véritable culte auprès des cinéphiles du monde entier. Un genre à l’identité visuelle et sonore (souvent signée Ennio Morricone) très marquées, dont Lancelot Hamelin et Étienne Oburie, qui signe ici son premier ouvrage, s’emparent avec une maestria qui force le respect. Dans la grande tradition du Giallo, ils livrent un récit de série B à la frontière du polar, de l’horreur et de l’érotisme où, derrière le masque du divertissement, émergent un vrai propos d’auteur – ici, la critique de la marchandisation du corps féminin – et des idées de mise en scène audacieuses.

En savoir plus