Julien FREY

Julien Frey naît le 28 mai 1977 et grandit à Paris. Très jeune, il a envie de raconter des histoires et décide de devenir scénariste.

Titulaire d’une licence de cinéma, il participe à l’écriture d’une quinzaine de séries d’animation pour la jeunesse (« Casper, « Ava Riko Téo, « Geronimo Stilton », etc.).

Puis Julien s’oriente vers des projets plus personnels. En 2013, il participe régulièrement à la revue de bande dessinée ‘Papier’, dirigée par Lewis Trondheim. L’année suivante, en collaboration avec Dominique Mermoux, il publie « Un jour, il viendra frapper à ta porte » (Delcourt), un premier album autobiographique sur la quête des origines et le devoir de mémoire.

Œuvres publiées

Avec Edouard Luntz (Editions Futuropolis 2018)

 

Édouard Luntz est décédé, dans l’indifférence, en 2009. Les choses s’annonçaient pourtant bien pour ce cinéaste doué qui a remporté quelques prix et dirigé Jeanne Moreau, Michel Bouquet et Madeleine Renaud. Mais après deux longs métrages et une dizaine de films courts, il est mis au ban du septième art. Le scénariste Julien Rey cherche à comprendre. La première étape est évidente : regarder les productions. Théoriquement, ce devrait être simple. Il fouine d’abord sur internet, puis poursuit son investigation dans les bibliothèques, les cinémathèques et les écoles de cinéma, avant de rencontrer les proches et la famille. Le constat se révèle cruel : il ne reste plus grand-chose de l’œuvre.

Ce roman graphique s’avère l’histoire de l’oubli. L’oubli parce que les technologies ont changé, l’oubli parce que l’argent et le producteur ont toujours le dernier mot, l’oubli parce que tout est trop bien classé, l’oubli parce que les bureaucrates se montrent inflexibles, l’oubli parce que les gens sont négligents, l’oubli parce que tout le monde s’en fiche. Et, aussi, parfois, l’oubli parce que ce n’est pas nécessairement très bon. La démarche journalistique se veut solide et la quête fascinante. Le lecteur suit l’auteur à travers les rues de Paris, Washington ou Rio de Janeiro. Il vit avec lui ses petits succès et ses déceptions et s’enthousiasme lorsqu’il trouve son Graal : Les cœurs verts, une comédie dramatique réalisée au milieu des années 1960.

Le dessin en noir et blanc de Nadar est de toute évidence réalisé dans l’urgence. Les personnages sont esquissés et les décors sommaires. Le traitement a quelque chose de cinématographique : les dialogues sont « filmés » en champ-contrechamp et les entrevues ponctuées de gros plans, d’abord pour briser la monotonie, mais également pour capter une émotion ou un détail, avant de revenir au cadrage initial. L’illustrateur laisse par ailleurs parler les images ; par exemple, plutôt que reproduire un extrait de ce qui est projeté à l’écran, il se concentre sur les réactions des spectateurs visionnant Le Grabuge, un drame tourné dans des conditions difficiles au Brésil. Du travail de l’artiste se dégage une forme de modestie ; le coup de crayon demeure simple, sans devenir simpliste, un peu comme s’il souhaitait offrir toute la place au propos.

Un bon travail journalistique pour sauver un homme et son œuvre de l’indifférence.

Michigan, sur la route d'une War Bride (Editions Dargaud 2017)

Lorsque Julien débarque dans le Michigan pour y rencontrer la famille américaine de sa femme, il découvre l’Amérique du Midwest marquée par la crise des subprimes et des cousins pas ordinaires. Mais surtout, il rencontre Odette, la grand-tante française au caractère bien trempé. Cette parisienne qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s’est mariée avec un soldat américain. Comme elle, 200 000 européennes ont quitté leur famille et leur pays par amour pour un GI. 200 000 femmes qu’on appelle des « War Brides »

Un jour il viendra frapper à ta porte (Delcourt 2014)

En 2007, Julien part à la rencontre d’un père qu’il ne connaît pas. Ce dernier lui livre un secret de famille : alors qu’il tentait de s’échapper du ghetto de Varsovie, son propre père a dû faire un choix tragique. Suite à cette révélation, Julien décide d’en savoir plus sur le passé de ce grand-père. Une enquête qui durera six ans et l’entrainera, lui qui n’a rien d’un grand voyageur, jusqu’à Jérusalem…

 

 

En savoir plus

http://julienfrey.blogspot.com/