Gilles Rochier

Photo © 6 Pieds Sous Terre

Gilles Rochier est né en 1968 à Ermont. Il dessine depuis sa plus tendre enfance. À l’orée de la trentaine, il met un pied dans le fanzinat et fonde « En vrac ». Il y raconte des histoires qui lui sont arrivées dans son quartier, sans tomber dans les clichés classiques de banlieue. Il travaille pour des projets de réinsertion par la bande dessinée, se confronte au public « empêché » (prison, HP, hôpital). Malgré ce que l’on peut lire sur lui, il ne chronique pas spécialement la banlieue mais l’humain, de lui et, fondamentalement, de là où il habite…

Texte © Casterman

Ne ratez pas l’exposition qui lui est consacrée à l’espace cultural François Mitterrand du 4 octobre au 8 novembre !

Bibliographie sélective

En roue libre (Casterman, 2018) - avec Nicolas Moog et Jiip Garn

Oh t’inquiète pas. Ils frappent pas les infirmes… Au pire, ils me piquent mon fauteuil pour promener leurs mômes. Ha ha !

Tonio, on va lui couper sa dernière jambe. Lui et moi, ça fait un bail qu’on traîne ensemble. On est restés au quartier, on s’est débrouillés comme on a pu. On a bien vieilli ? Je sais pas.

En attendant (6 Pieds Sous Terre, 2018)  avec Fab Caro

« En attendant, c’est les petites punchlines de deux amis dont l’un s’est fait plaquer, des instantanés, des petits morceaux de désœuvrement, des bilans de rien, de rupture amoureuse et de lendemains de fêtes, comme ça, en attendant que ça passe, le temps d’un mois d’octobre en suspens. » – Fabrice Caro

« J’ai demandé à Fab de me montrer ses écrits, j’ai pris un ou deux mois pour dessiner… hors des cases… la possibilité du dessin. Il me donne la liberté totale de représentation, alors je dessine ce que je veux, en rouge et bleu parce que j’ai acheté un lot sur une brocante. Ses punchlines, c’est de l’amour 2018, ça sent la nuit et les matins raides, les tiraillements, les instants seconds, j’ai pas toujours collé mes dessins au texte, des fois les émotions du texte me faisaiet penser à un autre truc… des sentiments parallèles. Je sais ce qu’il veut raconter. » – Gilles Rochier

Second volume de la collection Asterozoa, consacrée au dessin contemporain, En attendant est une collaboration entre deux auteurs de bande dessinée aux univers singuliers et pas forcément complémentaires. l’ensemble est re-mélangé à la manière d’un cut-up qui construit de nouveaux rapports entre textes et dessins, un nouveau fil de pensée, une matière qui raconte des instants du monde et des fragments de vie.

La petite couronne (6 Pieds Sous Terre, 2017) - avec Jiip Garn (couleur)

Vie et survie dans la petite couronne.

Loin des gros titres anxiogènes des médias et des banlieues qui brûlent, selon certains politiques, si on allait écouter ceux qui y vivent ; suivre les traces de ces pères de famille, entre les courses, les gamins à conduire au sport et les déménagements nocturnes. Ils ont bien grandi les gamins de TMLP (Ta mère la pute, paru en 2011), aujourd’hui ce sont les pères et les grands frères de la communauté. Et s’il y a toujours un crétin qui vend du shit dans le hall de l’immeuble, ils ont une solution pour lui pourrir le business. Et même s’ils font des crises de rage face aux petits caïds, Ils n’oublient pas qu’il y a plus important, comme payer la cantine des gosses. Les gamins sont maintenant des tontons presque assagis, ceux qui veillent que ça ne parte pas en vrille à la moindre connerie. Presque aussi surpris que nous, ils constatent que la garderie a remplacé la garde à vue dans leurs agendas. Le temps a passé sur toute une génération.

À la suite de TMLP (les années d’enfances) puis de Temps mort (en jeunes adultes dans la spirale de la crise sociale), Gilles Rochier replonge dans la chair de son milieu et brosse, avec La petite couronne, le portrait de sa génération, à l’aube de la cinquantaine, de l’expérience plein les poches – y a de la place – et toujours plus d’amour dans les yeux.

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