Elizabeth HOLLEVILLE

Elizabeth Holleville est née en 1988 à Nantes. Après un baccalauréat littéraire, elle commence des études d’illustration à Paris à l’école Estienne. Elle part ensuite à Angoulême pour se spécialiser dans l’apprentissage de la bande dessinée à l’EESI. Profitant de l’émulation entre étudiants, elle commence à dessiner dans des fanzines. À la sortie de l’école, elle publie son premier récit long : Lulu, édité par Félix Csech chez La Corde rouge. Parallèlement, elle réalise des strips de BD pour enfants dans le journal Biscoto. Ces publications lui permettent de garder une production à côté de jobs alimentaires (auxiliaire de vie scolaire, animatrice de bande dessinée pour les enfants…). L’Été fantôme est son premier ouvrage réalisé pour un gros éditeur. Elle vit aujourd’hui à Strasbourg.

Œuvres publiées

L'été fantôme (Glénat 2018)

 

Comme chaque été, Louison et sa grande sœur Lydie prennent la direction de la maison de leur grand-mère maternelle, Juliette, pour les vacances. Sans les parents et bientôt rejointes par leurs deux cousines, Sophie et Maïté, ça va être top, même si mamie perd un peu la boule et que Rodin, son chien, aboie beaucoup trop… Mais la cadette va vite se rendre compte que les préoccupations changent avec l’âge et va devoir trouver à s’occuper pendant que les « grandes » s’amusent.

Après les contes du chat Lulu (2015, La Corde Rouge) et diverses créations en ligne (disponibles sur le site Grand Papier), Elizabeth Holleville propose ici un récit à la fois nostalgique et fantastique. Les vacances estivales, une maison en bord de Méditerranée, la plage, les sorties en douce, la drague, autant d’éléments avec lesquels l’autrice amène le lecteur à se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Une histoire de fantôme, le temps qui passe – pour les aînés qui vieillissent comme pour les plus jeunes qui grandissent -, l’amitié sont des thèmes qui s’entremêlent pour brosser une chronique hors du temps. Son héroïne, une gamine de 10 ans, vit la cassure qu’entraîne, à cette époque de la vie, la différence d’âge et donc de préoccupations entre elle et les adolescentes. Elle musera et trompera son ennui dans un endroit qui lui apparaît de plus en plus mystérieuse. Et les recoins du jardin ou de la demeure prendront un autre dimension après sa rencontre avec Lize. Essentiellement féminins, les personnages variés, modernes et attachants, comme leurs interactions et les dialogues sonnent justes et font sourire. Ultra lisibles et d’une belle fluidité, ses deux-cent-cinquante pages se tournent avec facilité tant le soin apporté aux ambiances est frappant. Il est aisé de s’immerger dans ce conte et de suivre les déambulations de Louison, entre rêveries et questionnement.

S’appuyant sur un trait simple et en apparence naïf, la dessinatrice invite à la flânerie mais sait également créer des atmosphères familières ou inquiétantes. Les planches sont composées de peu de cases et le découpage imprime un côté sombre.
Il en ressort un récit envoûtant, déroulé sur un rythme plutôt lent, sorte de mélange de Une sœur (Bastien Vivès chez Casterman) et Le Jardin de minuit (Edith, dans la collection Noctambule de Soleil) ou encore une ambiance rappelant Le Château de sable (Frédérik Peeters, Atrabile) dans lequel il est facile de se plonger.

Convaincant dans son traitement, L’Été fantôme est un bon « premier » album qui attire l’attention. Et malgré un sujet peu vendeur, Elizabeth Holleville ajoute son nom à la liste des auteurs prometteurs.

 

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