José-Louis Bocquet

José-Louis BOCQUET est un romancier, biographe, journaliste, éditeur et scénariste de bande dessinée.

Né dans une famille d’architectes et d’écrivains, il publie à onze ans son premier article dans « Bulle », un fanzine tiré à 200 exemplaires. À treize ans, il lance son propre magazine, « Bizu ». Pour satisfaire sa passion pour la lecture, il devient employé de la librairie « Temps Futurs » au début des années 80 et, avec son ami et complice Jean-Luc Fromental, il participe à la réalisation des ouvrages de L’Année de la Bande Dessinée publiés par ce temple parisien de la BD et de la SF.

Ses premiers articles commencent à paraître dans « Métal Hurlant » et il devient attaché de presse des Humanoïdes Associés en 1983, puis directeur de collection chez cet éditeur. Ses premiers scénarios sont illustrés par Serge Clerc (Les mémoires de l’espion), Arno (Anton Six et Kriegspiel), Franz (Mémoires d’un 38, en collaboration avec Fromental), Max (Panzer Panik) et Biard (Le 38° Parallèle, en collaboration avec Rivière). C’est avec la collaboration de François Rivière pour les scénarios et de Philippe Berthet au dessin qu’il commence en 1983 sa série la plus ambitieuse : Le Privé d’Hollywood.

De 1989 à 1991, il scénarise pour Francis Vallés la trilogie des aventures du reporter Dorian Dombre (chez Glénat) et s’efforce de faire revivre Jerry Spring avec Franz (Fureur Apache, chez Alpen en 1990).

En 1991, il participe avec Jean-Baptiste Gilou à la création des éditions La Sirène où il publiera une monumentale monographie sur le cinéaste Henri-Georges Clouzot. Hommes aux goûts et talents multiples, il a également été rédacteur en chef-adjoint de Salut les Copains et animateur sur TF1, mais l’écriture reste son plaisir favori et l’on ne s’étonnera donc pas de trouver plusieurs de ses romans au catalogue de la Série Noire et d’autres éditeurs populaires.

En 1997, il s’associe avec Marie-Ange Guillaume pour rédiger une biographie de René Goscinny chez Actes-Sud et il a fourni le scénario de Timbrés rares à Antonio Cossu et Louis Joos.

Il publie en 2007, avec sa femme Catel Muller, une bande dessinée consacrée à Kiki de Montparnasse, muse et modèle de nombreux artistes de l’entre-deux-guerres. Le duo se reformera en 2012 pour l’album Olympe de Gouges ( Grand Prix littéraire de l’Héroïne Madame Figaro 2012 dans la catégorie Biographies/Documents, Prix Saint-Michel du meilleur scénario) puis en 2016 pour Joséphine Baker.

Bibliographie sélective

Joséphine Baker (Casterman, 2016) - avec Catel

Joséphine Baker a 19 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des années folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres.

Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, « la tribu arc-en-ciel ».

Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Olympe de Gouges (Casterman, 2012-2013) - avec Catel

Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges.

Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d’histoire au
chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, La Fayette, Benjamin Franklin, Philippe Égalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre…

En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l’égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes ; des propositions qui resteront révolutionnaires jusqu’au XXe siècle.

Kiki de Montparnasse (Casterman, 2007-2008) - avec Catel

Dans le Montparnasse de bohème et de génie des années vingt, Kiki réussit à s’extraire de la misère pour devenir l’une des figures les plus charismatiques de l’avant-garde de l’entre-deux-guerres. Compagne de Man Ray dont elle inspirera les photos les plus mythiques, elle sera immortalisée par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger.
Mais si Kiki est la muse d’une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées du siècle passé.
Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle s’accorde, Kiki s’impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d’aucune école autre que celle de la vie…