Joseph Callioni

Joseph Callioni est né à Toulouse en 1980. 
Peu après ses parents vont s’installer en banlieue parisienne dans un logement de fonction au milieu d’un labyrinthique campus universitaire. Cet environnement artificiel de bâtiments géométriques abritant des laboratoires souterrains, et l’absence totale de voisin, lui ont laissé un goût d’insondable mystère, et l’impression d’avoir passé son enfance dans une sorte de ville antique du futur. C’est probablement cette esthétique de béton, silencieusement ravagé de lichens et de mousses, qui apparaît aujourd’hui dans son travail. Après une trajectoire en zig-zag entre la fin de sa scolarité approximative et des séjours en usines d’agroalimentaire, il passe par les écoles d’art de Lorient et d’Angoulême. Il y rencontre des gens talentueux qui lui font découvrir un monde ensorcelant d’images et de son. À la sortie de l’école, il publie ses premiers dessins dans le fanzine Gestrococlub, édité à Angoulême.
 Puis en 2009 l’album Tales from Dumb Owl aux éditions Anathème. 
En 2014, il publie une bande dessinée, La planète impossible, aux éditions Atrabile, et un recueil de dessins, Jardins, aux éditions Ion.
 Il a également collaboré avec l’atelier Les Mains Sales, et l’atelier L’Insolante pour la réalisation de sérigraphies.
 Il réalise 2 affiches pour le programme Capitaine futur de la Gaîté lyrique, en 2017 et 2018. 
Il vit pas loin de Rouen, avec sa compagne et sa fille.

Texte © Galerie Le Serpent Vert

Bibliographie sélective

Éditions Atrabile, 2022

Le monde se meurt.
Le temps ne paraît plus s’écouler normalement, l’univers se délite et différentes couches de réalité semblent se juxtaposer.
C’est la fin, et pourtant, il pourrait y avoir un plan B pour sauver le monde, une grande « sauvegarde » vers autre chose.
Sur des prémices science-fictionnelles à première vue mille fois traités (la fin du monde), Joseph Callioni bâtit ici une œuvre qui a quelque chose de profondément inédit; à travers une esthétique imprégnée de surréalisme et peuplée de visions fantastiques, évoquant aussi bien la gnose que la physique quantique, Venera est un livre qui bouscule et interpelle tout en faisant une belle place à l’imaginaire et au voyage intérieur.
Entre La Planète impossible, son précédent livre, et Venera, Joseph Callioni a opéré une belle mue artistique, et porté par son sujet, multiplie les techniques et les ambiances, passant d’un trait d’une extrême finesse à quelque chose de plus charbonneux, au fur et à mesure des pérégrinations de ses personnages et de leur passage d’un monde à un autre.
Les deux livres, qui ont autant de points communs que divergents, partagent un amour assumé pour les situations incongrues et un humour passablement décalé et absurde.

Éditions Atrabile, 2014
Réédition 2022

La Terre a disparu! C’est la triste vision dont est témoin Cosmo depuis le satellite où il est posté. Pourtant, peu après, la Terre semble avoir réapparu. Faux espoir: c’est autre chose qui a fait son apparition, et les instruments de mesure sont aussi formels que les résultats incohérents. La planète qui est désormais là, à la place de la Terre, est à la fois ronde et plate, solide et gazeuse… Précédé d’une mystérieuse cosmonaute, et en compagnie de Céphalée, ordinateur humanoïde, Cosmo va se poser sur cette énigmatique planète, pour s’embarquer dans une odyssée absurde, à la rencontre de créatures improbables dans des situations pleines de non-sens, tout ça sur une planète tout bonnement impossible. Dans un univers où irrationnel et incohérence font loi, où une action donnée ne provoque jamais la réaction escomptée, où la folie semble perpétuellement mener la bal, on devine aisément que Cosmo et ses acolytes de fortune n’auront pas la tâche facile, puisqu’il s’agit, tout de même, de sauver la Terre. L’humour de Joseph Callioni est aussi ravageur que son trait est fin, et de franches idioties en purs moments de folie, il lui faudra l’agilité d’un acrobate surdoué pour que tout ça, comme par magie, retombe sur ses pattes.

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