Laureline Mattiussi

 

Laureline Mattiussi est née en 1978 à Nancy. Après des études d’Arts Appliqués, elle quitte Nancy pour rejoindre tour à tour les Beaux-Arts d’Aix en Provence puis ceux d’Angoulême où pendant trois ans elle étudie la bande dessinée. Elle rencontre alors d’autres étudiants et leur collocation donne naissance à un collectif qui aboutira aux éditions de La Maison Qui Pue (Matthieu Jiro, Clément Baloup, Yan Taillefer, Pipocolor).

Elle quitte Angoulême pour une escale à Bordeaux. L’escale se prolonge. Elle y fait une maîtrise sur La Nourriture dans l’Art, puis sort sa première BD, Petites Hontes Enfantines, aux éditions La Boîte à Bulles. Trois ans plus tard elle sort aux éditions Treize Étrange son dyptique L’Île au Poulailler qui recevra le prix Artemisia 2010.

Depuis son premier grand moment d’inspiration qui la fit prénommer Jules son porte-manteau lorsqu’elle avait trois ans, Laureline Mattiussi cherche sans relâche cet état de grâce enfantine, et s’applique à fréquenter les pirates et les bordels, les soûlards désemparés et leurs fantômes fessus, les libertés inassouvies et les horizons ronds comme des queues de pelle.

Son album, La Lionne, avec Sol Hess au scénario et Isabelle Merlet aux couleurs, prend pied dans les eaux fangeuses de la Rome antique.

Texte et photo © Editions Glénat

Bibliographie sélective

Avec François Rivière
Éditions Cassterman, 2020

Écrivain, cinéaste, poète ou encore dessinateur, Jean Cocteau (1889-1963) semble avoir eu mille vies. Retour en détail sur la trajectoire d’un enfant terrible…
Laureline Mattiussi et François Rivière mêlent éléments biographiques et évocations oniriques de Jean Cocteau et de son œuvre aux multiples dimensions. Cocteau est un esthète d’une rare intensité, bouleversé par les avant-gardes de son époque : Richard Strauss, Picasso ou encore le jeune Raymond Radiguet, que Cocteau porte à bout de bras. Les amours, les excès, les bons mots et l’œuvre protéiforme de Cocteau se retrouvent dans cette biographie en noir et blanc au trait puissant et évocateur.

Casterman, 2016

Poe, loser magnifique, trimballe son désœuvrement et sa mélancolie de bars enfumés en salles des coffres, de plages interlopes en ruelles malfamées. Il joue son existence au gré du nombre d’allumettes qu’il pioche au hasard dans la poche de son veston, en ne pensant qu’à une chose. À Lola.

Incapable de se déclarer à cette femme quand la réalité autour de lui ne cesse de s’effriter, il s’égare dans des aventures hallucinées : des braquages grotesques, de longues errances en compagnie de fantômes ou encore une étreinte avec un ange fantasque…

Avec Sol Hess et Isabelle Merlet
Glénat, 2012-2013

Rome, 1er siècle avant JC. Tandis que la peste guette la Ville Éternelle, les notables s’enivrent d’orgies où ils consomment tout ce qui leur passe à portée de main. Léa, dite La Lionne, est une courtisane. Pour Egnatius, son propriétaire, elle est une source de prospérité : après un coup d’œil ou un coup de rein, les hommes deviennent prêts à tout pour la posséder. Catulle le poète, Rufus le Grec, Samuel le Juif, tous sont tombés dans ses rets, et souffrent du fait que la belle soit déjà louée pour un an à l’obèse consul Publius Afranius. Quand celui-ci tombe raide mort, les amants de la Lionne aimeraient pouvoir se réjouir de la voir libérée de son engagement ! Ils déchantent vite en la voyant traverser la ville, emprisonnée, accusée du meurtre du consul…

Après L’Île au poulailler, diptyque sélectionné à Angoulême et plébiscité par la critique, Laureline Mattiusi nous offre son regard sur la Rome antique, des ruelles sordides de Subure au luxueuses pentes de l’Aventin. Un premier tome plein de verve, de gouaille et de désir, à l’image de sa provocante héroïne.

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