Marc LIZANO

Né à Vannes en 1970, Marc Lizano a grandi à Ploërmel puis étudié à Rennes, délaissant sa licence de Philosophie pour se consacrer à l’écriture, à l’illustration et à la bande dessinée. Auteur complet, il travaille avec un bonheur égal pour la presse (Famili, Bayard, Milan…), pour l’édition jeunesse (Le Rouergue, Nathan, Castermann Bayard…) et pour la bande dessinée (Glénat, Delcourt, Carabas, Les rêveurs…). Alternant les livres jeunesse avec les récit intimistes, il pose petit à petit une œuvre résolument humaine, attentive et sensible au travers d’une quarantaine de livres publiés depuis 1989. Avec Joël Legars et François Ravard, il monte en 2006 la Fédération Française de Comix, un petit laboratoire de micro-édition, poursuivant ainsi l’aventure lancé au début des années 90 avec Oh, la vache!, nourrissant aussi son goût pour la small presse et le monde du fanzinat. En 2006, il y lance son nouveau comix « mazette » (petit fils naturel des hybrid comix et de kocliko), sorti parallèlement au dernier tome de la petite famille (avec Loïc Dauvillier et Jean-Jacques Rouger). Il prépare les tomes 3 et 4 de ce one-man-comix pour 2007, année où sortiront par ailleurs ventricule (avec Philippe Gillot, Ulf K, Charles Dutertre et Anne-Claire Jouvray) et Suture, deux récits intimistes à paraître chez Carabas. Il prépare activement l’adaptation de « l’île aux trente cercueils (d’après Maurice leblanc) pour Soleil/Noctambule en 2008 ainsi que plusieurs récits contemporains (This is not a love song, flocons, les résidus, douze-treize…). Une vie ne lui sera sans doute pas de trop pour venir à bout de ses envies d’histoires et de livres…

Œuvres publiées

La pension Moreau Tome 2 La peur au ventre (Editions de la Gouttière 2018)

 

Retour dans la sinistre pension Moreau. À la fin du premier volume, Paul se voyait envoyé à l’isolement. Après deux mois, le voilà relâché et avec lui nous replongeons aussitôt dans le quotidien sans pitié des enfants.

Le climat se durcit au sein de l’internat-prison, jusqu’à éprouver les limites du groupe. Par ailleurs, à force de fouiner, le discret Emile découvre les plus noirs secrets de la maison. La menace se précise. Jusque-là plutôt résignés, quoiqu’encore rétifs, les jeunes amis comptent bien résister.

Si cette suite offre quelques révélations, Benoît Broyart ménage le suspense, l’ambiance demeure mystérieuse et délétère… Les nombreuses scènes nocturnes, la colorisation, participent de la noirceur du récit, toujours équilibrée par le dessin enfantin de Marc Lizano.

Les petits prisonniers sont enfin livrés à eux-mêmes. Il leur reste l’espoir et la solidarité, mais cela suffira-t-il ? Un second tome dans la droite lignée du précédent ; il faudra cependant patienter pour savoir si cette inquiétante histoire connaîtra une issue lumineuse.

La pension Moreau Tome 1 Les enfants terribles (Editions de la Gouttière 2017 )

Émile, fugueur et mutique, est confié en désespoir de cause par ses parents à la pension Moreau, où le professeur Turoc applique une discipline de fer pour mater les jeunes rebelles. Il est aidé en cela par une « équipe pédagogique » des plus insensibles. Malgré tout, le jeune garçon réservé trouve rapidement un cercle d’amis parmi ses camarades d’infortune, surmontant le silence grâce au dessin.

Dès la première page, Benoît Broyart place le récit sous le patronage de La chasse à l’enfant de Prévert, texte faisant lui-même référence à un sinistre fait divers : lors de la révolte des enfants du bagne de Belle-Île en 1934, un détenu s’évade puis est traqué par les habitants… Une bien lugubre inspiration pour une bande dessinée jeunesse, qui augure du pire pour la suite ! Outre cette influence, celle de L’île du docteur Moreau s’impose au lecteur, ne serait-ce que pour les animaux anthropomorphes – et le titre bien sûr ! Il est donc permis de se demander si ces créatures auront un rôle particulier à jouer dans le développement de l’intrigue ?

Le style de Marc Lizano, qui se prête habituellement à des albums plus lumineux, destinés à une tranche d’âge plus basse sans pour autant éluder des réalités douloureuses, dans Hugo et Cagoule ou La petite famille par exemple, convient tout à fait à ce nouvel univers ; la rondeur du trait et la disproportion des personnages atténuent l’ambiance sombre.

Sous une couverture soignée qui fait impression, voilà un début de série très intrigant… Les prochains tomes de cette trilogie seront attendus avec impatience, par les grands comme les petits ! Cependant, si l’éditeur conseille cette lecture à partir de 8 ans, attention aux âmes sensibles ! A contrario, si les mômes font encore les malins après ça, n’hésitez pas à leur faire écouter La chasse à l’enfant chantée par Marianne Oswald, ça devrait les calmer.

Paloma Et si on dessinait (Rageaot 2017 )

Paloma ne veut pas aller se coucher. Ce qu’elle veut, c’est jouer à cache-cache. Alors, elle grimpe en haut d’une bibliothèque. C’est sûr que son papa et sa maman n’iront jamais la chercher là-haut ! Mais, effrayés par les cris et les recherches des parents, les animaux de la maison trouvent refuge auprès de la petite fille. Peu à peu, l’abri s’ébranle… jusqu’à s’écrouler ! Réactions en chaîne pour un album plein de tendresse.

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