Antonio ALTARRIBA

Espagne

Né en 1952 près de Saragosse dans une famille de paysans espagnols au début du 20e siècle, il part pour la ville et connaît le chômage et la misère, puis s’exile en France.
Essayiste, romancier, critique et scénariste de bande dessinée et de télévision espagnol, également professeur de littérature française à l’université du Pays basque, il a été découvert en France grâce à L’Art de voler, extraordinaire roman graphique dessiné par Kim, paru en 2011 chez Denoël Graphic et parti pour connaître une gloire mondiale. Un chef d’œuvre d’émotion, de rigueur et de lucidité qui retrace, à travers le parcours de son propre père, un siècle d’histoire espagnole.
Avec Moi, assassin, Altarriba investit les mêmes qualités d’écriture dans un récit tissé d’intelligence, d’humour glacé et de violente satire des milieux artistiques et académiques, un « slasher » empruntant à David Fincher, Patricia Highsmith et David Lodge, qui renouvelle de fond en comble le thème classique du serial-killer. Les noirs et rouges profonds du dessinateur Keko apportent au livre la dimension du cauchemar.

 

Œuvres publiées

L'Aile brisée (Denoel)

# Dessin de Kim qui sera présent sur le salon.

Aile brisée

En venant au monde, Petra, la mère de l’auteur, tue sa propre mère. Cette mort en couches est le drame fondateur de sa vie. Dès sa naissance, elle est molestée par un père qui la tient pour fautive de ce «meurtre». Elle vouera pourtant, durant toute son enfance, une dévotion sans borne à cet homme brutal et dépressif, à la fois barbier, marchand de tabac, infirmier, auteur de pièces jouées sur les places de village. Maltraitée, exploitée par le reste de sa fratrie, finalement violée, Petra part en ville se placer comme femme de ménage chez le gouverneur militaire de la région de Saragosse. Là, son dévouement et sa discrétion lui valent vite du galon. La voici gouvernante de ce notable, royaliste violemment opposé au régime de Franco, un autre paradoxe espagnol.

C’est une jeune fille pimpante, mais cachant un profond dégoût des hommes, qui épouse finalement Antonio Altarriba Senior, le père de l’auteur. Lequel verra en sa mère une femme craintive et froide, meurtrie par un pays où le machisme sévit sans retenue, réfugiée dans la plus obtuse des ferveurs religieuses. Il devra attendre les derniers instants pour découvrir, sur le lit de mort de Petra, l’impossible secret de son aile brisée, écho déchirant au désir de voler contrarié de son mari, à partir duquel il retrace un portrait d’elle bien différent de celui qu’il imaginait.

 

L'Art de voler (Denoel)

Art de voler

Bon, c’est l’heure… L’heure de s’envoler… Le 4 mai 2001, le père d’Antonio Altarriba, âgé de 90 ans, saute du quatrième étage de sa maison de retraite… En relatant son existence intimement mêlée aux tempêtes qui ont ravagé l’Espagne et l’Europe du 20e siècle, son fils rend un vibrant hommage au courage, aux idéaux vaincus et à l’art si difficile de voler…

 

Moi, assassin (Denoel)

# Dessin de Keko

Moi assassin

Enrique Rodríguez Ramírez est professeur d’Histoire de l’Art à l’université du Pays Basque (où Altarriba a enseigné la littérature française). À 53 ans, il est à l’apogée de sa carrière. Sur le point de devenir le chef de son champ de recherches, en proie aux rivalités académiques, il dirige un groupe d’étude intitulé : «Chair souffrante, la représentation du supplice dans la peinture occidentale.» Bruegel, Grünewald, Goya, Rops, Dix, Grosz, Ensor, Munch, Bacon sont ses compagnons de rêverie et la matière de son travail. Mais sa vraie passion, dans laquelle il s’investit à plein, est plus radicale : l’assassinat considéré comme un des Beaux-Arts.

 

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