Guillaume Guerse

Guillaume Guerse est né en 1971. Co-fondateur des Requins Marteaux, il fut l’un des auteurs les plus actifs du journal Ferraille, avec son compère Marc Pichelin, ils y racontent la jeunesse, l’amour, l’espoir et le RMI. Rapidement repérés par la rédaction de Fluide Glacial qui les débauche à grand frais, ils poursuivent leurs recherches sur les limites du corps face à l’alcool et aux femmes. Et quel meilleur endroit pour étudier ses pairs que le bar Le Jour de Fête à Albi ? Peintre de son temps, il n’hésite pas à donner de sa personne pour coller au plus près des réalités de ses contemporains, sacrifiant son foie sur l’autel de l’intégrité. De ce long travail d’investigation sortiront deux albums constituant la saga dite « des losers ». Pour Amour, sexe et bigorneaux, leur série suivante, le duo écume les plages du littoral à la recherche de l’amour, la plume toujours à portée de main, bien accrochée au slip de bain. En 2011, ils sortent Foutoir chez Les Requins Marteaux et Long courrier chez 6 Pieds sous terre. L’un rassemble de nombreux inédits des aventures des losers et l’autre invente une forme de bande dessinée épistolaire autour de l’histoire des Requins Marteaux et de ses différents protagonistes. En Mai 2015 il publie Vermisseaux – Mic-mac à flac-les-plages aux éditions Dupuis.

Texte © Les Requins Marteaux

Bibliographie sélective

Avec Marc Pichelin
Les Requins Marteaux, 2019-2020

À la campagne, quelque part entre le Tarn et l’Aveyron, Moska et Dory habitent Bousiac, un petit village occupés par des mouches et dont la spécialité n’est autre que la bouse de vache. Alors que Moska tente de conquérir le cœur de Sybile, Dory s’adonne à sa passion dévorante : manger. Ils sont jeunes, énergiques et s’ennuient souvent dans ce monde rural où les loisirs sont rares. Ils font les 400 coups, explorent les alentours, s’embarquent dans des aventures loufoques et rocambolesques et mangent du taboulé. Prolongement de Vermines (Les Requins Marteaux, 2014), Vermisseaux est la version pour enfants de ce petit monde fourmillant ressemblant au nôtre, composé de petites bêtes aussi attendrissantes que maladroites, et dont les premiers épisodes sont parus dans le journal Spirou. Naviguant entre Sybiline de Macherot et Maya l’abeille, Guerse et Pichelin jouent ici avec leurs souvenirs de lecture. Ils rendent hommage aux illustrés de leur enfance tout en y renouvelant le ton et le style. Jouant souvent sur une double lecture, ils inventent un univers familier et burlesque où ils glissent quelques références et citations. C’est qu’ils sont loin d’être… bébêtes !

Avec Marc Pichelin
Éditions Delcourt, 2018

Marco et Gégé, les alter ego un peu losers des deux auteurs, cèdent à la mode du moment en écrivant un récit de voyage pour enfin rencontrer le succès. Ils choisissent le Laos, pays encore peu traité en bande dessinée, sur ce seul critère opportuniste. Et là démarre un séjour purement touristique qui va tourner à l’aventure loufoque. Ou quand deux pieds nickelés tentent de se prendre pour Tintin…

Avec Marc Pichelin
Éditions Ouïe/Dire – Les Requins Marteaux, 2016

Derrière le Hublot est une structure culturelle installée à Capdenac-Gare dans l’Aveyron et dirigée par Fred Saucère. Il a eu l’idée de proposer à Guerse et Pichelin une résidence d’artiste autour du Lot, rivière qui partage la commune de Capdenac en deux. Les deux auteurs ont pris leur temps. Entre 2011 et 2015, ils sont venus y travailler à de nombreuses reprises. Ils sont allés à la rencontre des gens pour les interroger sur leur rapport à la rivière. Ils ont silloné la ville et la campagne, observant les paysages et leurs activités. D’une rive à l’autre, ils se sont égarés, se laissant la liberté d’explorer les lieux au hasard. Au cours de ces cinq années de présence sur le territoire, ils ont réalisés des expositions, une installation dans une usine, des performances et une série de protraits de gens de Capdenac. Cette série intitulée Gens de culture a été partiellement publiée dans les plaquettes de Derrière le Hublot.

De toute cette masse de documents accumulés est sorti un livre : Lost on the Lot qui raconte leur errance et leur questionnement.

Avec Marc Pichelin
Les Requins Marteaux, 2014

Blattaville, près d’Albi dans le Midi-Pyrénées. Une ville comme tant d’autres. Ses bars, son quartier de prostituées, ses mecs louches à qui il ne vaut mieux pas chercher des embrouilles et ses magouilles en tous genres. Gégé est un artiste peintre qui tente de percer depuis de nombreuses années. Son meilleur ami c’est Markoz qui lui aussi un artiste, un écrivain qui n’a pas eu beaucoup plus de chances de montrer au monde son talent. Les deux copains ont rendez-vous ce soir dans un bar, le Micropolis, pour rencontrer deux éminents critiques d’art pour qu’ils jugent le travail de Gégé. Pas de doute qu’ils seront conquis par son coup de pinceau novateur et révolutionnaire, ce qui pourrait permettre à Markoz de faire les textes du catalogue d’exposition qui aura lieu par la suite. Une nouvelle vie s’offre certainement à ces deux-là avec un peu de chance.

Avec Marc Pichelin
Les Requins Marteaux, 2011

« Le prolétariat s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et terrible a été son châtiment ». Cette sentence, extraite du livre Le droit à la paresse (1883) de Paul Lafargue, est mise à l’honneur en quatrième de couverture de l’album. Visionnaire, Lafargue ? Qu’importe, un petit troquet albigeois résiste, ou tout du moins la part de ses fidèles clients toujours prompte à réclamer la tournée au patron – voilà un joyeux pléonasme. La France qui se lève tard veille, comme en témoigne la couverture, celle mise en valeur, ou non, sur les étals des librairies, qui donne une vision onirique du lendemain de cuite : un container à verre entouré de moult bouteilles vides et cassées. D’un côté la philosophie, de l’autre l’ivresse, et en fédérateur, le comptoir du bar « Jour de fête ».

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