Photo ©-Michel-Lunardelli-Portrait-JM
Le dessinateur argentin signe l’affiche de cette édition, qui se déroulera du 16 au 18 octobre 2026 à Bassillac-et-Auberoche.
Considéré comme l’un des maîtres du noir et blanc, multi primé – notamment à Angoulême où il reçut le Grand Prix en 2007, José Muñoz est l’auteur de nombreux livres, bandes dessinées, récits illustrés, carnets… Sa série la plus célèbre, Alack Sinner, a marqué, depuis le milieu des années 1970, plusieurs générations de lecteurs. Son œuvre, à l’expressionnisme si singulier, ne cesse d’influencer de très nombreux dessinateurs. Muñoz est ainsi le trait d’union entre Alberto Breccia et Hugo Pratt, dont il fut l’élève, et des artistes contemporains. Il sera au cœur de la programmation de cette 37e édition, qui s’annonce particulièrement riche. L’Argentine, avec six auteurs, y occupera une place centrale. Mais d’autres thématiques seront bien entendu placées sous le feu des projecteurs…
A suivre prochainement !
Bibliographie sélective
Nom : Milasewicz. Prénom : Sophie. Âge : 23 ans. Origine : juive polonaise. Profession : aucune. Goûts : la nudité, la sincérité, le feu, la spontanéité, la musique médiévale. Signes particuliers : utilise un langage superlatif. À l’habitude de se promener nue sous ses vêtements. Sophie est une jeune femme incendiaire, fumant cigarette sur cigarette. Elle vit avec intensité, déteste les faux-semblants, s’accouple avec qui elle a envie. Elle veut être libre et maîtresse d’elle-même. Surtout, elle pleure sur le sort de l’humanité.
Le destin de Sophie, jeune femme d’origine polonaise vivant aux États-Unis, exilée au Mexique, fait écho aux autres destins d’autres exilés qui ont fait le voyage inverse, et qui sont évoqués dans Sudor Sudaca.
José Muñoz se souvient de son quartier d’enfance, en Argentine, à Buenos Aires. C’est son berceau natal qu’il dessine, les rues et les habitants d’alors. Muñoz est habité par ses souvenirs, lui qui a fui son pays en 1972, âgé de 30 ans. La dictature a forcé son exil. Muñoz révèle ses souvenirs et donne un livre nostalgique, mélancolique et crépusculaire. Il a demandé à son jeune ami le poète argentin Alejandro García Schnetzer d’écrire des textes qui illustreraient ses dessins. Ainsi se dessine le portrait sensible d’un quartier modeste de Buenos Aires, qui prend vie par la force de ses encres. Des hommes, des femmes, des danseurs, des musiciens. Des corps de toutes dimensions et portant des costumes tendus. Des rues pavés, des balcons et des façades. Autant de personnages comme des masques qui habiteraient un décor…
Née à Baltimore en 1915, disparue à New York en 1959, Billie Holiday est devenue une chanteuse de jazz mythique. Parce qu’aujourd’hui encore sa voix réussit à toucher de nombreuses personnes, un journaliste part sur les traces de cette artiste pour le compte d’un quotidien new-yorkais. Au-delà des scandales publics qui ont entaché la vie de la star (alcool, drogue, violence…), il cherchera à restaurer la vérité, en investissant la mémoire de Billie.
À la lueur de cette enquête, Muñoz et Sampayo retracent, sur fond de racisme et dans le sillage du blues, la lente dérive d’une chanteuse qui exprima la fêlure la plus profonde du jazz.
Privé newyorkais inspiré des archétypes de l’âge d’or du roman et du film noir américain, Alack Sinner transcende ces influences pour toucher au cœur de l’humain. L’expérience de l’exil de Munoz et Sampayo a donné naissance à une série au long cours (près de 30 ans !), dans laquelle le héros vieillit (fait très rare en BD). Enquêtes et filatures sont l’occasion de présenter tout un microcosme social, entre code de conduite et corruption, déracinement et amour.
Une œuvre fleuve et chorale, qui a inspirée de nombreux auteurs du 9e Art à travers le monde.
La série 56e district (Precinto 56 en VO) est parue en 1964-1965 dans l’hebdomadaire argentin Misterix. Bande dessinée noire mettant en scène le détective Zero Galvan, elle se nourrie notamment des romans de Dashiell Hammett et Raymond Chandler, ainsi que du cinéma noir hollywoodien. José Munoz, alors âgé de 22 ans, collabore avec Ray Collins, pseudonyme d’Eugenio Zappietro qui, parallèlement à son activité de scénariste, exerce le métier de commissaire de police. À ce jour, Precinto 56 n’a jamais été traduit et n’a fait l’objet d’aucune publication en volume. On y découvre les débuts d’un jeune dessinateur qui apprend son métier, mais témoigne déjà d’audaces remarquables, préfigurant les bandes dessinées qu’il signera plus tard avec Carlos Sampayo et notamment leur chef d’oeuvre:Alack Sinner.






